Historique du label

En bref... Issu du mouvement alternatif des années 80, créé en février 1994 et fort d’une discographie de plus de 75 références à ce jour, Crash s’efforce depuis ses débuts de combiner implication sociale et contestataire, diversité culturelle, éclectisme musical, découverte artistique et expression populaire.

"Crash ton venin" Au moment où Crash naît, de durs constats s’imposent aux activistes de la scène indé. : le mouvement alternatif a été victime de son succès et vidé de son sens. Les groupes et labels réellement antagonistes sont confrontés à des problèmes épineux de distribution et de diffusion, ainsi qu’à un véritable ostracisme de la part des media. La professionnalisation de la musique lamine toute création subversive, et les épiciers sont à l’œuvre, écrasant de plus belle le public sous les produits de "consommation culturelle" calibrés, préfabriqués comme les modes qui se succèdent... 12 ans plus tard, même si l’analyse reste en grande partie valable, la donne a changé. Le circuit alternatif est toujours actif. La "crise du disque", la remise en question du statut des intermittents, le désengagement des pouvoirs publics, ainsi que l’explosion des pratiques amateurs remettent en avant ses idées et ses pratiques, nées de la crise et adaptées à une production autonome. Il est temps de remettre un coup de pied dans la fourmilière.

Qui, quand, ou ? Un peu d’histoire...

Association Loi 1901, Crash voit le jour en février 1994, et entame les hostilités en juin suivant avec le 2ème album de Raymonde Et Les Blancs-Becs. Son équipe comprend alors plusieurs musiciens de ce groupe, Gondrax, Raymonde et Catherine / KK, ancienne de Bondage (éminent label des 80’s), ainsi que Marsu, également transfuge de Bondage, et TCB du fanzine Le Coyote Rebelle. Etabli sur une base bénévole, le label évoluera en fonction de l’implication et du temps libre de chacun. Si les deux vieux complices que sont KK (attachée de presse) et Marsu (directeur artistique) constituent une base stable pendant près de 10 ans, tout en gardant leurs boulots extérieurs, Crash accueillera un moment Amine (du fanzine Vacarmes), animateur de l’éphémère sous-label Impact, et plus tard Thierry (bassiste de La Fraction) à la comptabilité. Peu avant le départ de KK, accaparée par ses activités personnelles, Anne devient la nouvelle attachée de presse. 2004 voit l’arrivée d’Eric (chanteur des Thugs) à la comptabilité, 2005 celle de Jean-Yves à la promo locale. A noter également la collaboration régulière de Karim (chanteur de Ludwig Von 88), pour la création graphique. Parmi les aides sporadiques et multiples, on ne remerciera jamais assez tous nos "stagiaires" : Vincent, Benjamin, Sylvie, Florent, Martin, Alain, Florence, Paul, Marc, Morgane, Laurent, Yann, Diana, Romain, Marie-Léa, Lorine, Nicolas, et plus récemment David, Clémence, Olivier, Manue...

Au départ basé à La Lola, salle de concerts de Pantin, Crash s’est installé depuis le printemps 1995 au Centre International de Culture Populaire dans le 11ème à Paris. Centre associatif indépendant et autogéré, le C.I.C.P. héberge une soixantaine d’assos, de collectifs et d’ONG, une galaxie allant du commerce égalitaire, du désarmement, à l’anti-fascisme, au soutien des sans-papiers, des minorités et des peuples autochtones.

"Plus qu’un label : Crash" - Le fonctionnement

"Quintessence de la structure musicale indépendante", "emblème de la résistance aux majors"... Certains n’y sont pas allés de main-morte pour nous décrire. Plus modestement, le fonctionnement du label reste familial et affinitaire, collégial et artisanal, empirique et viscéralement indépendant. Nous travaillons en partenariat avec les artistes, dans un esprit de transparence et de convivialité. Crash ne sort que des licences ; ils sont leurs propres producteurs, gardent la propriété de leurs masters et donc un contrôle artistique total. Les contrats se négocient contrat disque par disque pour ne pas enchaîner les groupes.

Le gros des dépenses de Crash part dans la promo. Le seuil de rentabilité des disques reste assez bas (entre 2500 et 6000 ventes environ selon les sorties), et nous pouvons compter sur un fond de catalogue solide. Au lieu du marketing à outrance, nous privilégions un suivi sur le long terme des artistes, en particulier de leurs dates de concerts, sans doute la meilleure promo de terrain. Crash cherche à proposer une culture populaire, en prise sur le présent et accessible à tous.

Le choix des groupes

Partant de ces principes, nous avons prospecté des groupes possédant un esprit d’indépendance, capables de s’autoproduire et de préférence performants sur scène. Leur concept est également un critère décisif : univers artistique, identité, éthique, cohérence entre l’attitude, le discours, le support, les rapports avec le business, le public et les media... Nous n’allons pas attendre des artistes un discours politique structuré à proprement parler, mais un mode de fonctionnement et une musique qui recrée du lien social.

"Le label qui atomise ton mange-disques"

Parfois présenté comme un "condensé d’histoire musicale française", le catalogue Crash perpétue l’essence de la mouvance alternative, en suivant les mutations des "musiques de la rue" : punk-rock, ûfusion, ska-rock, hardcore, dub, emo/pop-punk, hip-hop, ragga, rock indé, et même chanson ou trad’. Le label cultive l’éclectisme par stratégie et par goût ; nous cherchons moins un style qu’une idée forte. Crash privilégie les coups de coeurs plutôt que les coups commerciaux, avec un rythme aléatoire de sorties, de 6 à 8 par an.

L’une de ses cartes principales est celle de la découverte et de la prise de risques artistiques. Le label est capable de développer de nouveaux talents jusqu’à une reconnaissance nationale ; il fonctionne comme un laboratoire et un tremplin pour les groupes. L’autre est celle de l’éducation, par le biais d’anthologies ou de rééditions de groupes importants pour l’histoire de la scène française, comme Les Thugs ou Ludwig Von 88.

"La petite musique de la contestation"

Notre action ne peut se concevoir que dans une perspective plus large que le simple discours musical, devenu totalement caduc et indigent. Au-delà de la revendication de la culture comme pratique, comme droit et non comme rouage du circuit marchand, de la volonté de relier les gens par les idées et non par les formes de consommation ou d’expression, il est bien question d’une autre manière de vivre, d’une autre conception de l’économie et surtout de la société, multiculturelle, pluriethnique, respectueuse d’autrui, de la nature et des individualités. C’est que l’on essaye de pousser, petit à petit, sans penser naïvement changer le monde du jour au lendemain.


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