CRASH CD 88

"Fatalisme et anorexie sociale"

(14 titres / Sortie : 10/11/08)

Issu des profondeurs de la Seine-Et-Marne (77) et comprenant d’ex-DICE CURSE et MISSPENT YOUTH, groupes déjà marquants pour la scène locale (les seconds en particulier ont commis un excellent album de punk-rock "à l’ancienne" en 2004, et tourné dans le réseau alternatif européen), DOLORÈS RIPOSTE a fait le choix dès le départ de textes en français, ainsi que d’un punk-rock direct combinant mélodies de voix travaillées et électricité exutoire.

Avec leur première démo 4 titres, "Imagine le Bordel", en juin 2006, le trio composé de Fred (guit. / chant), Krostif (basse / choeurs) et Adrien (batt.), avait attiré l’attention, distribuant gratuitement lors de leurs concerts 1500 exs de ce CD. "Sarcasmes et mauvais souvenirs", leur premier album, est paru en juin 2007 sur Guerilla Asso., une évidence tant leur proximité avec GUÉRILLA POUBELLE (également un trio) et la vague de nouveaux combos punks qui l’accompagne (JUSTIN(E), LEPTIK FICUS...) coule de source. Et, déjà, l’on ne pouvait qu’être frappé par l’opposition entre la facture délibèrément guillerette et enjouée de la musique comme des chants, et le fond totalement désabusé et dépressif des textes.

"Fatalisme et anorexie sociale", second album écrit dans l’urgence, sort le 10 novembre 2008 sur CRASH (CRASH CD 88), toujours en collaboration avec Guerilla Asso., et cavale sur les brisées du précédent disque, avec une production et un niveau technique bien supérieurs. Concis et vite expédiés, ses 14 titres (+ 1 ghost track) déboulent tels la foudre, avec une batterie baston et des lignes de basse roulantes très efficaces, des refrains bien fichus, un chant et des choeurs haut placés et pop en diable, pouvant évoquer PKRK ou ZABRISKIE POINT pour les aînés français des 80’s, plus classiquement la scène hardcore mélodique américaine, et également les débuts des VULGAIRES MACHINS en raison du ton foncièrement pessimiste des paroles. Le chanteur apparaît en effet totalement désemparé face au monde : pénibilité du quotidien, amours factices, défiance affirmée vis-à-vis des beaux discours de réussite sociale et de l’hypocrisie générale, conscience aiguë de l’autodestruction collective en marche... Des sujets graves que seules l’énergie emballée et les mélodies entraînantes semblent pouvoir exorciser.

Au travers de titres tels "J’ai pas envie de rentrer chez moi", "Au nom du peuple", "La mort peut danser", "Puisqu’on n’en a pas eu", "Intox" ou "Je paye cher", c’est aussi l’adaptation du français au son HxC mélodique que réussit DOLORES RIPOSTE, un écueil que ne surent pas franchir, par incapacité ou par conformisme, leurs pionniers de cette scène dans le pays.


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